Direction Poitiers, le seuil du Poitou.

Arrivée chez Hélène de l’association ACEVE, notre hôte pour l’étape : militante anti-nucléaire de longue date et fine connaisseuse de la situation à la centrale de Civaux, elle est membre de la CLI et ne leur passe rien !

Nous partageons le repas avec d’autres militant⋅es de Alternatiba Poitiers qui co-organisent notre venue : l’occasion de réviser le programme de l’étape, de parler luttes…

Samedi matin partage de paroles : direction le centre ville et son marché hyper fliqué cause Acte XVII. Alors que nous avons une autorisation municipale et que nous sommes accueilli⋅es sympathiquement par le placier, les zélées défenseurs de l’ordre étatique veulent fouiller notre véhicule : nous refusons sans présentation de la réquisition. Ils la cherchent et nous la montrent. Elle date du 23 février : remballez, revenez avec la bonne ! Nous leur proposons de dégager la circulation que nous gênons et de nous installer en attendant. Ils refusent. Ils attendent la bonne réquisition. En vain. Nous finirons par nous garer en bonne place à l’entrée du marché à côté de 3 uniformes qui attendent, telle une souricière, toutes les personnes qui sortent du parking souterrain et doivent se prêter à fouille et palpations. Tout y passe : le cabas des grand-mères comme les poussettes, ça palpe les jeunes comme les anciennes ; la plupart font une moue, si ce n’est d’étonnement, le plus souvent de mécontentement face à ce passage obligé dans une « démocratie » où l’on va faire son marché…

Partage de paroles sous haute surveillance
et souricière à droite

Quelques heures plus tard, on entend le chant des Gilets Jaunes à l’autre bout du marché qui ont maintenu leur rassemblement malgré l’interdiction de manifester et de se rassembler tombée la veille par arrêté préfectoral. Les autorités ont pris peur face à l’annonce sur la très jolie affiche : Tous masqués contre la mascarade ». Il semble que l’ancienne préfète de Meuse (eh oui…formation intensive à mener la répression assurée dans le 55 !) n’ait pas l’humour festif : Carnaval n’est plus le bienvenu pour les autorités françaises !

Les GJ seront nassé⋅es et encadré⋅es tout le long de leur parcours devant nos yeux admiratifs et solidaires de ce combat.

Devinez qui nous ont rejoint durant le marché et pour l’après-midi ? Notre incroyable couple « sur-déter » de la Conf Paysanne Alsace que nombre d’entre vous reconnaîtrons ! Venus avec des sourires, des histoires de lutte, des chamailleries, et bien sûr du pain et du vin : que c’est bon de vous retrouver, ne changez rien !

Le soir, nous assistons à la projection du film “Fukushima, Le couvercle du soleil“, suivi d’un échange parfois un peu technique mais aussi emprunt d’un sentiment de révolte de constater que de dans tout pays nucléarisé et de tout temps, même en cas d’accident majeur, l’industrie nucléaire désinforme et ment, cache sa triste réalité, commettant ainsi des crimes contre les populations et les écosystèmes.

Changement de quartier pour le partage de paroles du dimanche matin : les Couronneries. Plus populaire et fréquenté, nous récolterons de nombreuses paroles, frappées de bon sens, qui n’aiment guère la France nucléaire et s’inquiètent pour les générations futures. Notre ami de Bure, venu nous rende visite sur cette étape, se prête à cette action : interroge, écoute, et note consciencieusement, comme à son habitude, toutes les réponses : merci de ta visite l’ami !

Action partage de paroles marché des Couronneries

On enchaîne l’après-midi à l’Isle Jourdain avec le spectacle “45° sans eau, spectacle de jonglerie atomique” par la compagnie KL qui raconte le nucléaire dans une jonglerie atypique, un humour grinçant et une habile répartie… qui fait rire les enfants et les grands aux éclats – de mini pétards atomiques ! S’en suit une présentation de la lutte locale qui a réussi a empêché l’installation de la poubelle nucléaire dans leur sol. À notre tour, nous racontons notre lutte et l’état d’avancement du projet de poubelle à Bure.

Merci à Françoise de l’association ARDAN qui a organisé cet évènement et aux habitant⋅es du coin qui sont venu⋅es et qui restent solidaires contre l’enfouissement, ainsi qu’à Pierre et Capuche qui viendront sans nul doute jouer leur numéro atomique au Festival Bure’lesques en août !

Pour finir, lundi nous décidons de nous rendre à la direction de l’École Nationale Supérieure d’Ingénieurs de Poitiers (ENSIP) qui a refusé de nous accueillir pour une projection-débat dans son établissement. Nous découvrons qu’elle abrite des études dans la filière nucléaire, des stagiaires qu’elle envoie à la centrale de Civaux et surtout la recherche sur les argiles…meusiens pour Cigéo la poubelle nucléaire !

D’un pas décidé, avec Hélène, nous allons dans le bureau de la secrétaire de Direction qui est fort étonnée qu’on nous ait refusé une salle, d’autant qu’elle n’a pas « vu passer cette demande ». Et pour cause : devant nous, le directeur répondra « Oui, c’est moi qui ai refusé », ajoutant « notre partenaire, c’est EDF… ». Nous vous ferons grâce de la discussion qui a suivi, étayée des arguments que nous entendons systématiquement dans ce cas là : simple petit directeur, apolitique, ni-pro-ni-anti-nucléaire, etc.

Nous lui avons remis notre documentation, le livre « La Farce cachée du nucléaire » (écrit par un ingénieur, ça devrait être plus crédible qu’une association à ses yeux…) et la présentation de la conférence de Bertrand Thuillier (dont nous espérons trouver la dernière version vidéo : faites signe si vous l’avez !), ingénieur, qui, lui, se souvient que la recherche « universelle » doit rester indépendante du tout pouvoir, notamment de celui, quasi religieux, lobby nucléaire français.

Voici ce que nous trouvons comme panneaux à l’entre de l’école, et cela se passe de commentaires :

Enfin, nous terminons en beauté cette étape par une courte visite à ZOPROD, lieu de vie en ateliers, punk et plus encore où l’on est accueilli comme il se doit par les aboiement de 3 superbes chiens et une magnifique structure en métal qui se prépare au carnaval.

Puis direction la maison des étudiant⋅es, dans les studios de la radio associative et locale Pulsar (qui se voit manger ses financements par la logique grande région…) pour l’émission punk et atomique : et, en ce jour de commémoration de Fukushima, c’est parti pour une heure de radio avec notre atomikeur tour Martus dont c’est le dernier jour dans notre équipe. Bon vent à toi et à bientôt !

Jour de transit, direction Saintes mais, avant de partir, nous ne résistons pas à faire un petit détour par un lieu extraordinaire que nous découvrons : la fanzinothèque de Poitiers !

On écarquille les yeux devant ces trésors. On imagine certain.es de nos ami.es, fan de fanzines, entrain de camper sur place ! Et bien sûr, on promet d’y envoyer les brochures buriennes.

Allez hop ! Direction la Charentes Maritimes !

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