Attirés par les hululements du comité des « Hiboux tarnais.es », nous quittons la capitale régionale pour trois jours dans la fourmillante ruralité vallonnée des collines surplombant la vallée du Tarn et le lit du Tescou.

C’est cette rivière et ses forêts qui ont été l’objet des convoitises d’agriculteurs affiliés à la FNSEA pour le projet du barrage de Sivens. Sa contestation avait été le cadre d’une longue lutte entre habitant.es et « zadistes » d’une part, une milice et un Etat plus que complaisant d’autre part, et avait abouti au drame que l’on sait. Le souvenir encore frais de cette opposition n’a pas manqué de revenir à certain.es lors de nos échanges au sujet des épisodes récents de la lutte à Bure.

C’est au marché de Rabastens que nous posâmes le premier jour nos portiques à brochure, rapidement abrités sous une tonnelle attenante pour nous protéger du crachin. Entre les premières gariguettes, les effluves d’aligot et les sbires macroniens en campagne pour les européennes (avec qui nous n’aurons pas eu le plaisir d’échanger), nous collectons nos premières paroles tarnaises en nous promettant de « peut-être » nous revoir pour la projection du soir.
19h : nous projetons nos vidéos maison devant une audience clairsemée, mais attentive. Avec trois cafés associatifs et de multiples festivités dans les environs proches d’une commune de 6500 habitants, la concurrence est rude.

Dimanche. En amont de la très attendue soirée « pizza + projection » à Castelnau de Montmiral, nous ferons connaissance de différents lieux de vie et collectifs dynamiques en vue de la préparation de ladite soirée. C’est dans un four romain, cousin languedocien de notre fournil sud meusien, que serons cuites une cinquantaine de pizza pour nourrir le public venu voir la projection. C’est repu.es d’anecdotes et de perspectives de lutte que tout.es quitteront les abords de cette jolie bastide au milieu des chênes.

Albi. Nous nous arrêterons dans la préfecture du Tarn vers midi pour un second partage de parole sur la place centrale. Les pro-nucléaires, « zadistes en herbe » et ni-pour-ni-contristes se succèderont sous le soleil enfin de retour. Nous avons rendez-vous cette après-midi-là à Radio Albigés pour une interview sur notre démarche, la situation à Bure et les liens à tisser contre le « Monde » du nucléaire. Au milieu d’un quartier populaire, régulièrement investis par les écoliers et autres associations locales, les studios de la radio associative semblent être un ilot d’échange salutaire au milieu de notre civilisation de l’image mondialisée.

Nous apprendrons par ailleurs ce soir-là que le hameau libre de l’Amassada, opposé à la construction d’un transformateur pour les « autoroutes de l’énergie » en Aveyron, aura obtenu la levée de son astreinte de 2000€ par jour promise aux occupant.es de ce petit bout de causse. Un espoir pour les 500€ par heure de présence dans le bois Lejuc ? Une belle manière de nous rappeler que opposition sur le terrain et recours juridiques, ici et ailleurs, sont les deux jambes avec lesquelles les luttes de territoire piétineront les projets inutiles et imposés.

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