L’étape de Loire Atlantique s’est séparée en deux sur sollicitation des comités de soutien du coin et des Gilets Jaunes de St Saint-Nazaire qui réclamaient notre passage. Devant une telle envie et tant d’énergie, nous n’avons pas résisté : d’abord St Saint-Nazaire, puis Nantes !

Mais parfois, bien malgré nous, la répression rythme notre calendrier : nous décidons de passer d’abord par Blain, devant la gendarmerie, où un rassemblement de soutien a lieu pour accompagner les militant⋅es de la ZAD NDDL convoqué⋅es dans une sombre affaire d’élucubrations judiciaires sous forme d’association de malfaiteurs. Tiens, ça nous rappelle quelque chose

Nous avons le plaisir de découvrir que la solidarité reste à l’œuvre face à l’État et sa machine répressive : foule, cantine, tracteurs sont au rendez-vous (voir article de la ZAD).

Nous nous garons devant avec notre Atomik Tour bien visible et quelques coups de klaxon joyeux. C’est sans compter sur l’extrême vigilance des gardiens de l’espace des trottoirs : plusieurs gendarmes sortent et nous demandent de bien vouloir dégager nos véhicules ailleurs. Qu’importe ! D’Est en Ouest, de loin ou de près, notre solidarité est toujours sans faille face à la répression et tous⋅tes les sbires qui la cautionnent et l’alimentent…

Direction Saint-Nazaire : Geneviève, malgré sa grippe, nous accueille chaleureusement et nous fait un point sur l’état d’avancement des projets sur la ZAD : “La terre en commun“.

Le lendemain, direction la, déjà mythique, Maison du Peuple des Gilets Jaunes où l’on nous attend pour présenter l’Atomik Tour et la lutte à Bure : clin d’oeil aux, non moins, mythiques Gilets Jaunes de Commercy dans la Meuse. Nous sommes enthousiasmé⋅es par ce lieu, son autogestion, son fourmillement de générations et de motivations déterminées ! Dommage qu’on leur demande de quitter fin avril ce bâtiment de l’ancien pôle emploi (!) soumis à l’appropriation et la spéculation immobilière. Mais cela leur laisser tout de même le temps de recevoir la 2ème assemblée des assemblées : On ne lâche rien ! (voir leur irrésistible appel ici).

Merci à ell⋅eux pour cette bouffée d’oxygène d’autonomie et de résistances !

Le soir, nous retrouvons quelques un⋅es des GJ parmi notre public venu assister à la projection du film d’Isabelle qui, à travers son documentaire « Un héritage empoisonné », montre le lien sensible et politique entre les toxiques déchets de la première guerre mondiale remontant à la surface sur les champs de batailles de Verdun et ceux radioactifs que l’État nucléocrate et ses industries voudraient dissimuler 500 mètres sous les mêmes terres meusiennes.

Les 60 personnes de la salle sont attentives et prolifiques dans le débat ensuite : pollution, mémoire, paysages blessés, terres agricoles sacrifiées et surtout la question de la démocratie qui résonne tant dans les rues en ce moment… Prise de conscience pour beaucoup dans la salle que nucléaire et démocratie sont définitivement incompatibles.

Spéciale dédicace à Loren, meilleure auditrice de la soirée !

Le lendemain, nous prenons le chemin de Nantes où nous devons retrouver des militantes de Sortir du Nucléaire Pays Nantais : Mylène notre hôte et Annick anti-nucléaire acharnée du haut de ses 90 ans ! C’est un plaisir de partager repas et histoire des luttes victorieuses contre l’installation de centrales nucléaires du Pellerin et du Carnet.

Nous découvrons qu’une ancienne mine d’uranium de Bretagne, l’Écarpière à Gétigné, a été recouverte artificiellement d’une colline où un parc de panneaux photovoltaïques s’installe : l’association Moine et Sèvre pour l’Avenir veille à ce que le public soit informé et que ces sites hautement pollués, rendus invisibles dans le paysage, ne deviennent pas enfouis trop loin dans les mémoires : preuve s’il en fallait que l’industrie nucléaire fait toujours tout pour ne pas apparaître telle qu’elle est réellement : mortifère.

Le soir, au Solilab, grâce au soutien d’Enercoop Pays-de-la-Loire, nous accompagnons une nouvelle projection du documentaire d’Isabelle devant une quarantaine de personnes et un débat avec des personnes bien informées sur le nucléaire et ses alternatives. Sachant que nous avons rencontré les GJ de St Nazaire, on nous demande où trouver les GJ de Nantes dont nous avons amené le tract. La réponse est là :

Il nous était bien sûr impossible de ne pas faire un détour par « LA » ZAD : la Wardine nous accueille autour d’un goûter. Nous faisons un point sur la lutte à Bure pour quelques habitant⋅es qui nous rejoignent après leur journée de chantiers ici et là : construction de yourtes, maraîchage…

Des projets qui se cherchent, qui résistent face aux tempêtes administratives et aux guerres intestines militantes : cette détermination à défendre des lieux et modes de vie nous nourrit le coeur et le ventre par un de ces repas copieux et délicieusement vegan qu’on partage au coin d’un feu sur les ZAD d’ici et d’ailleurs.

Après avoir esquissé un projet anti-nuc créatif et d’envergure, nous déposons nos « Infobure » au Taslu, bibliothèque autogérée, et nous ne résistons pas à immortaliser notre passage sous le phare mythique de la ZAD.

Merci à toutes et tous pour votre accueil, pour vos énergies bretonnes mais pas que !

Catégories : Etapes passées