Petite semaine à la montagne pour l’Atomik Tour avec un périple dans le Massif Central. Si la région et ses vallons ne manquent certainement pas d’air pur et d’eaux claires, c’est autour des stériles de mines d’uranium que nous choisirons de mener nos visites (allez comprendre…).

Premiers jours au programme léger (sur le papier !) en Haute Loire. Nous aurons l’occasion d’échanger autour de films sur Bure avec des habitués des cafés-librairie de Langeac et de Brioude. La présence de militants ayant participé à la grande marche de Lascaux à Bure en 2001 sera l’occasion se replonger dans l’histoire de la lutte, qui dénonçait déjà à l’époque l’absurdité du « leg » nucléaire aux civilisations futures de notre « société de l’accélération ».

Entre problèmes mécaniques sur le camion et rues peu passantes, le sort aura décidé de nous priver de nos partages de paroles. Cela n’empêchera pas les altiligérien.nes de s’exprimer sur le sujet…

C’est à la confluence de l’Arzon et de la Loire à Vorey que commence notre enquête de terrain sur les restes de l’exploitation de l’uranium (à l’époque où on en faisait pas encore la guerre au Mali pour s’en procurer). Nous retrouvons l’indéboulonnable expert de la CRIIRAD, Bruno Charreyron, avec son radiamètre à la gare du village, ayant été appelé par une riveraine. Sur un coin annodin de la plateforme du quai de la gare, l’appareil s’emballe : pas de doute « ça crache », environ dix fois plus de radioactivité qu’à la normale. Reste à en trouver la cause…

L’association de pêche, fort hospitalière, avec qui nous partagerons notre repas et nos idées nous donnera une piste : un des derniers travailleurs de la mine, fermée en 1961, habite non loin. L’octogénaire, visiblement heureux de cette visite impromptue, nous contera avec précision l’exploitation de la mine dont il assurait l’entretien. Il nous dira qu’effectivement, le minerai était bien déchargé sur la plateforme de la gare du village. Combien de temps encore pourrons-nous trouver -non sans mal- des personnes gardant la mémoire de cette industrie aux rebus toxiques et invisibles ?

A la Chaise-Dieu, le terrain de football construit sur des « stériles » de la mine à ciel ouvert autrefois exploitée sur la commune. Ces tonnes de résidus rocheux étaient une grande tentation pour le BTP afin de servir pour les routes et autres cours d’écoles, comme celle de Lachaux où nous nous rendrons le lendemain. Sur ces sites identifiés où ça et là quelques points de radioactivité demeurent, un suivi existe pour l’instant, notamment grâce aux efforts des militant.e.s de la région.

Direction la Loire, à Saint-Priest la Prugne, sur le site des Bois Noirs. Nous nous retrouvons pour discuter devant les grilles du site Orano, un autre projet « malchanceux » grévé de retards et de malfaçons. Après un exposé sur cette lutte emblématique des projets de mine de la région, qui nous rappelle qu’en d’autres endroits des prospecteurs cherchent toujours à ouvrir des mines et que d’autres pays sont autrement plus écrasés par l’extractivisme occidental. Une promenade sur des chemins de randonnée à proximité nous permettra d’atteindre notre triste « record » de l’étape (750 fois la radioactivité naturelle en un point). D’un commun accord nous décidons donc d’aller pique-niquer un peu plus loin, sur la Pierre des fées.

Ces créatures ont-elles réellement soupé dans les cavité de ces mégalithes? La réponse en est aussi incertaine que le devenir de ces déchets miniers que la végétation luxuriante ne tardera pas à faire oublier.

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