Notre étape à Avignon débute sur l’île de la Barthelasse au bord du Rhône par une conférence de presse sur la répression. Une occasion de s’immerger dans les différentes luttes antinucléaires, fiscales et autres gilets jaunes. L’île elle-même est menacée d’être amputés de nombreux arbres sur plusieurs kilomètres. C’est d’ailleurs sous ces splendides bouleaux que nous aurons l’occasion d’échanger le jour suivant avec des acteurs de la marche climat. Il faut dire que la banderole de ce mouvement, semble-t-il désireux de se reconfigurer aujourd’hui, était bien visible ce samedi depuis les remparts de l’ancienne cité papale et son célèbre pont. La question du nucléaire aura hélas ce jour-là été un peu éclipsée par le soleil radieux, bien que la question intéresse de plus en plus nos amis « anti-CO».

Après la projection de « Un héritage empoisonné » à l’Utopia, nous sommes guidés jusqu’à Rosemerta, un grand squat situé à l’intérieur des remparts, avec ses belles cours ombragées par les platanes et ses deux vastes bâtiments. Depuis plus de 6 mois une cinquantaine de migrants y ont trouvé refuge, principalement des mineurs mais également quelques familles. Le lieu s’appuie sur un réseau de cent bénévoles qui s’organisent pour le soutien aux devoirs, l’accès à la santé et aux droits, la vie collective de l’espace. Le lendemain nous y avons tenu une table d’information participant à un après midi de concerts de soutien, de chorales du monde et autre contes. Belle affluence ce jours là, et toujours les mêmes questionnements : « que faire pour vous de si loin ? ». et c’est bien la convergence qui semble la réponse comme si toutes ces luttes n’en faisait qu’une.

Avignon, ce sont aussi des ruelles minuscules et tortueuses… Quelle épopée de chercher à la parcourir en camion ! S’il suscite toujours autant d’étonnement – c’est un régal de voir les réactions des personnes à son passage- il est bien trop encombrant pour ce dédale… En cherchant à déposer de la documentation pour un nouveau portage de parole, il s’est retrouvé coincé et la valse des marches arrières compliquées a commencé.. mais courageusement, nous avons rejoins les halles du marché couvert pour aller à nouveau au devant des passant.e.s.. Beaucoup nous parlent de leur attachement au nucléaire, de son coté pratique… et les débats sont ici souvent contradictoires mais très stimulants.

Au sortir de cette journée dans ce havre de solidarité, nous apprendrons d’un passant à la terrasse d’une cantine associative fourmillante les résultats de l’élection. Lutter dans un environnement a priori défavorable, pouvoir à la fois gérer l’urgence et décortiquer les causes profondes des inégalités qui engraissent un pouvoir autoritaire… Les échanges et l’itinérance nous aurons nourris cette fois encore.

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