Le Petit Bayonne, sous le soleil de fin d’après-midi, ça fourmille sur les terrasses, où les rencontres ne doivent jamais complètement rien au hasard dans ce petit monde au pied de la citadelle, non loin du Patxoki (prononcé Patchoki), lieu autour duquel notre étape gravitera.

Nous sommes accueilli⋅es par une joyeuse et laborieuse bande de militant⋅es de Bizi!, d’Attac et de quelques Gilets Jaunes.

Le programme de cette étape ne cessera d’être bousculé tant par des ondes quelque peu négatives que par des chouettes rencontres et la pleine lune fraîchement printanière.

Première soirée au Patxoki qui se prépare à inaugurer le Repair’Café mobile le samedi suivant : raclette et discussion informelle ici et là autour du nucléaire, de son hypothétique dépotoir en Meuse, des luttes, du mouvement social et de ses racines.

De si loin de l’autre côté de la France, en Pays Basque, pratiquement déserté par l’industrie nucléaire qui n’a pu qu’y dépoter quelques déchets, le projet de poubelle lorraine est peu connu, mais intéresse : la lutte résonne ici avec l’histoire anti-nucléaire méconnue du Pays Basque.

Vendredi soir : projection du film d’Isabelle avec quelques personnes qui, comme d’habitude, sont prises par les émotions et les réflexions auxquelles amènent le documentaire. Le débat s’élance et ne prend fin qu’après près de 2 heures. A son issu, l’idée d’un comité de soutien née.

Un des QG des Gilets jaunes basques

Samedi matin : direction le QG des Gilets Jaunes un peu en extérieur et en hauteur de la ville. Énormes bâtiments, prêtés gracieusement par un propriétaire sympathisant, le lieu est déjà vivant, aménagé, graffé à souhait : comme d’habitude, nous constatons la force et l’efficacité des GJ à transformer un squat abandonné en un lieu de lutte organisé et vivant, rayonnant de couleurs et d’entraides, respirant la réappropriation, au fil des jours, de la démocratie (directe).

Après un très court passage à la plage et dans la mer face aux vagues où seul⋅es les surfers et surfeuses s’aventurent, nous errons dans le Petit Bayonne en partage de paroles itinérant. La jeunesse basque, à notre question « La France nucléaire, vous l’aimez ? », nous propose de prendre notre carte de France du nucléaire et de la brûler : l’histoire ne raconte pas la suite…

Puis, nous nous retrouvons à la salle Goriak pour parler répression à Bure : pas facile dans un pays où la sphère militante voit ses prisonniers politiques croupir depuis des années dans les geôles espagnoles comme françaises, et quand elle a vu tant de morts.

Rien de comparable avec ce que nous connaissons mais nous sentons, ici plus qu’ailleurs, toute la force de la solidarité face à la répression quel qu’elle soit.

Là, l’idée du comité de soutien à Bure et contre les GPII se concrétise, bien que les militant⋅es locaux soient déjà bien occupé⋅es à préparer la mobilisation contre le G7 et son monde à travers une plateforme et un appel.

On finit cette étape par une grande nouvelle importante pour la suite de l’Atomik Tour : Depuis plusieurs jours, nous avons constaté que notre caravane se disloque de plus en plus en sa proue. Les réparations nous paraissent compliquées, voire impossibles. Plusieurs fois, nous pesons sans cesse le pour, le contre : continuer avec ? Nous songeons à l’abandonner…

Et ça tombe bien, nous sommes à Bayonne : ça bouge, ça se percute, et boum ! Notre rencontre du premier soir se transforme en opportunité de filer un coup de main au lancement d’un projet maraîcher « en perma » et ainsi de mettre à la retraite (potagère) notre caravane « atomik ».

Au consensus général, nous la laissons derrière nous entre des mains devenues amies dès la première minute dans le Pays Basque.

Au revoir caravane atomik, on viendra te revoir pour quelques jours de vacances dans ce Pays Basque extra-ordinaire et profiter des futurs légumes non moins extra-ordinaires de nos amis maraîchers !

Catégories : Etapes passées