Notre étape dans le Gard débute par un bel accueil près d’Alès, adossée aux Cévennes et à ses fiers châtaigniers. Plusieurs groupes de cette région historiquement militante se sont donnés rendez-vous à la Bourse du Travail pour parler des luttes locales et de Cigéo la grosse poubelle, suivi d’une projection. Plateforme Amazon, tourisme industriel et son méga-camping, zone commerciale, pesticides et autres Linky… les raisons de s’enfader ne manquent pas ici non plus. Comme d’habitude, les militant.es multi-casquette se succèdent pour les prises de paroles, mais l’idée de faire des choses ensemble fait son chemin, aller à Bure, pourquoi pas. Grands et petits projets inutiles et imposés, même mensonges, même combat !

Mercredi. Pour cette belle journée que seul le Mistral semble vouloir contrarier, nous nous retrouvons au marché d’Uzès pour un partage de parole. Entre olives AOP, apéritif au safran et pâté à la truffe, le terroir sait ici se mettre en valeur… Toujours est-il que nous sommes rejoints par des militants de tout poil et journalistes locaux pour une matinée riche en échanges. Le rassemblement de l’après midi aura un goût de rendez-vous manqué, mais le pique-nique convivial et l’envie de se revoir et de s’unir pour défendre les terres agricoles est ce que l’on en retiendra.

Nous irons visiter un site envisagé pour une énième zone commerciale. Au milieu de la prairie mellifère ont été plantés des grenadiers, tandis que de l’autre côté les gambadants taureaux de Camargue semblent avertir que d’éventuels travaux préparatoires ne seraient pas de tout repos.

À Saint-Geniès-de-Malgoirès est prévue une nouvelle discussion autour des grand projet dans le Gard et ailleurs. Le temps pour notre ami apiculteur de sauver un essaim sur le parking de la salle municipale et nous retrouvons nos discussions sur les luttes et leur convergence, avec quelques nîmois.es venus parler de leurs combats. Pas si facile de se retrouver à l’échelle d’un département, faire du lien, c’est important ! Pas plus ici qu’ailleurs nous n’aimons la morosité dans la lutte ; nous ne tardons pas à nous retrouver autour du trio du Zoulouzbek Band. Le camion à pizza végétarienne aura fait l’unanimité. Gageons qu’un évènement festif inter-luttes ait lieu un de ces jours dans le Gard.

Notre intervention prévue auprès des flâneurs du marché de Remoulins, déjà bien occupés par les différentes entités venues tracter en prévision des élections, tournera cours : le maire de la commune aura trouvé pertinent de nous envoyer la Gendarmerie pour s’enquérir de notre identité. Peu rancuniers, nous continuerons tout de même à lutter pour que ne soufflent pas sur le pont du Gard des embruns d’iode 131 et que son Côtes du Rhône n’ait pas une robe fluorescente.

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