L’ étape – assaillie de rafales venteuses bien fraîches- commence par un « glanage” de paroles, le 13, au marché de Saintes sous une alternance de grains et d’éclaircies. Nous y rencontrons notamment Marie-Paule et Yannick, qui confectionnent et vendent crêpes et galettes, en toute sobriété énergétique (véhicules aménagés avec panneaux solaires) et que nous retrouverons au long des journées à venir!

En soirée nous partageons échange de questionnements, d’informations, de doutes, de propositions… sur nos luttes au bar de l’Escarmouche, autour d’un bon plat de pâtes « maison », cuisiné par Franck, le patron, un des groupes de gilets jaunes saintais.

A l’Escarmouche

Le 14, alors que 2200 tonnes de pétrole et 45 conteneurs de matières dangereuses menacent la côte charentaise suite au naufrage du « Grande America » au large de La Rochelle , nous partons pour Rochefort.

Chaleureusement accueilli-e-s et accompagné-e-s par le PRA (Pays Rochefortais Alert), nous posons inlassablement aux habitant-es notre question « La France Nucléaire, vous l’aimez ? ». Elles ne sont pas nombreuses les personnes qui disent « oui » !

Puis, autour du repas, nous découvrons, grâce à Sylvie et Christian, l’action de ce groupe déterminé (le PRA, toujours lui) qui s’est constitué autour de la lutte contre un « super incinérateur ». L’ouverture à la question nucléaire s’est faite à partir de la découverte de radium dans une décharge rochefortaise (et de son envoi vers La Hague après intervention d’une équipe spécialisée de l’Andra 10 jours après la découverte…).

Le soir, le représentant d’ACDN (Action des Citoyens pour le Désarment Nucléaire), présente le thème du débat : « Hiroshima, Moruroa, Fukushima ». Celui-ci explique et montre sans détour les effets monstrueux (cancers et malformations ) de la radioactivité sur le vivant, les successions de dénis et mensonges qui accompagnent inéluctablement le nucléaire, qu’il soit militaire ou civil.

Le film « Bons baisers de Moruroa » de Larbi Benchiha que nous visionnons est accablant : il recueille les témoignages des militaires et employé-es des essais nucléaires aériens en Polynésie avec très peu de précautions, ainsi que ceux de la population autochtone, celles-ci exposés sans aucune précaution aux conséquences effroyables des radiations sur ces personnes et leur descendance.

ACDN nous présente et explique son action pour obtenir un référendum d’initiative partagée sur « la participation de la France à l’abolition des armes nucléaires et radioactives »

Nous terminons l’étape par la projection d’ « Un héritage empoisonné », en présence d’Isabelle Masson-Loodts, la réalisatrice. Là encore, un échange nourri sur cette question du parallèle entre déchets enfouis de la grande guerre et le projet de poubelle nucléaire Cigeo. La question de la mémoire résonne particulièrement dans cette ville du haut de ses 2000 ans d’histoire et de toutes ces vieilles pierres mystérieuses.

Merci Jean-Marie, notre hôte pour le temps consacré à cuisiner, nous véhiculer et à nous faire découvrir les sites remarquables de cette très ancienne cité qu’est Saintes et aux Gilets Jaunes pour cette chaleureuse rencontre.

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