Arrivée à Narbonne : pour certain⋅es d’entre nous, cette étape a un bon goût de souvenir estival l’an passé au camp d’été anti-nucléaire porté entre autres par nos hôtes locaux et le réseau Nuclear Heritage qui organise un autre camp cet été en Allemagne cette fois. C’est bon de retrouver des visages devenus amis en l’espace de quelques jours, avec l’impression d’avoir quitté les lieux la veille : c’est comme un retour à la maison.

Notre première journée sera consacrée à ces retrouvailles et à du repos dont l’équipe a bien besoin.

Rendez-vous est pris le lendemain matin pour compléter le « toilettage » de notre camionnette « atomik » qui tourne seule depuis Bayonne : les mains artistes repassent sur les contours du dessin qui avait été débuté à Metz par François de Sortons du Nucléaire Moselle.

Au regard des temps qui courent, nous décidons d’offrir un nouvel « habit » au personnage qui effeuille le trèfle radioactif… 😉

Après ces quelques coups de pinceaux, le côté passager s’illumine et résonne avec les couleurs du côté conduite.

Direction l’Assoc’épicée où l’on retrouve les militant⋅es de SDN 11 et du CoViDem qui ont œuvré à organiser l’étape et deux projections durant l’après-midi. La petite salle conviviale de l’asso se remplit d’une quinzaine de personnes et permet des échanges nourris, questionnant toute la filière nucléaire, l’horreur de ses crimes passés comme présents et futurs…

Cette industrie remet même en question le génome humain comme l’explique le documentaire de Larbi Benchiha que l’on projette après le documentaire « Nucléaire, la fin d’un mythe » qui lui démontre, entre autres, sa faillite économique.

La discussion se poursuit en interrogeant la lutte anti-nucléaire : quel virage doit-elle prendre pour achever le colosse qui commence à s’effondrer ? Un constat partagé : celui que les liens tissés localement entre les luttes et la population sont indispensables à toute victoire.

Vendredi matin. Notre hôtesse, pleine de vie et artisane de l’art mortuaire par ailleurs, prend son pinceau et, de quelques touches, parachève le côté passager de notre bolide.

Nous montons à bord fièrement pour nous rendre en centre ville pour un fastidieux partage de paroles qui ne durera que le temps de quelques bourrasques de vent comme de piéton⋅nes.

Après un petit temps à échanger sur la répression qui touche les militant⋅es de Bure, notamment à travers une enquête pour association de malfaiteurs, nous retrouvons avec les militant⋅es de TCNA, association citoyenne créée par des riverain⋅es des canaux de la Narbonnaise après avoir pris conscience à quelle pollution et risque nucléaire l’usine d’Orano-Malvezy les expose constamment et sciemment.

Nous partons ensemble pour une ballade autour de cette Installation Nucléaire de Base (INB) de Malvézy si méconnue : porte d’entrée de l’uranium en France, et même d’Europe, avec des bassins couleur lagon bleu mortifère au milieu du cépage narbonnais. Étonnamment, nous ne rencontrerons pas d’autres « bleus » au cours de ce petit tour : une fois n’est pas coutume !

Cette visite nous montre de manière évidente les similitudes entre cette plus grande poubelle nucléaire d’Europeet le projet de dépotoir nucléaire à Bure : l’achat des consciences, les sites archéologiques sur lesquels reposent les 2 entités, la minimisation (présente et future) des pollutions, la dangerosité du site en cas de problème météorologique telle que les inondations, l’accaparement des terres agricoles et l’impact dissimulé sur les cépages entourant le site, l’omerta comme le silence assourdissant de la population locale qui méconnaît totalement les risques…

Ajoutons l’ingéniosité, presque machiavélique, de cette industrie à coloniser un territoire une fois qu’elle a la main mise dessus : un nouveau projet est en cours ici du nom de TDN.

L’idée d’un jumelage avec Bure naît : et si Bure, avec son plus gros des GPII, se jumelait avec toutes les villes en subissant un aussi ?

On promet d’accueillir nos hôtes dans nos contrées meusiennes et d’échanger entre habitant⋅es de territoires sacrifiés.

Le soir, nous nous retrouvons à l’Assoc’épicée pour une auberge espagnole et des discussions informelles tant sur Bure et sur le fauchage d’OGM que sur le nouveau paradigme philosophique imposé par l’énergie atomique à l’humanité.

Samedi, il nous faut quitter Narbonne, choisie justement pour son soleil et ses forces venteuses qui sèchent les bassins de boues radioactives s’étalant là à quelques kilomètres des plages qui vont se remplir cet été…

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